Default Thumbnail Esperluette 1920x600px

Bien intégrer sa piscine dans son jardin: les conseils d’Éric Lequertier, architecte paysagiste

Temps de lecture estimé : 5 minutes
Image

Implantation, matériaux, bien intégrer sa piscine dans son jardin ne se résume pas qu’à ça. Pour qu’elle ne fasse qu’un avec son jardin, on pense, au moment de définir son projet, à la végétation à articuler autour, au même titre que les éléments de sécurité. Un tout à définir en amont et de manière simultanée. La garantie d’une piscine parfaitement intégrée et agréable à vivre selon Eric Lequertier.

Les éléments à prendre en compte pour intégrer au mieux une piscine dans son jardin

L’ambiance autour d’une piscine doit être un paradis de fraîcheur et un régal pour les yeux. Pour que la piscine s’intègre parfaitement dans le jardin, il faut définir son emplacement et penser la végétation environnante. Le but étant d’être protégé des regards et du vent, tout en profitant d’un peu de fraîcheur, du plaisir du soleil et en s’offrant des vues agréables.

Autre élément essentiel à prendre en compte : l’installation d’une piscine représente une importante utilisation d’espace, d’autant plus lorsque cela conduit à la construction d’ouvrages annexes qui ajoutent des surfaces minérales, des murs de soutènement ou encore des terrasses… L’insertion dans le site requiert alors une étude d’impact et une composition paysagère adaptée à chaque situation.

Notez que l’intégration d’une piscine dans son jardin comporte deux phases. La première est une phase d’analyse des caractéristiques de l’environnement qui débouche sur une implantation donnée. La seconde, consiste à appuyer, confirmer, cette implantation par un projet paysager, en s’intégrant au maximum avec le site naturel. L’idée est de concevoir le jardin de façon active, en renforçant tel ou tel trait du paysage et en dissimulant, si besoin, certains éléments. Les vis-à-vis avec le voisinage, la proximité d’une route, ou d’un obstacle inesthétique, sont autant de cas dans lesquels le projet paysager jouera le rôle d’écran.

Image

Favoriser des matériaux qui assurent confort et sécurité

Le choix des matériaux est réalisé en fonction des critères de confort et de sécurité. La pierre naturelle, les dalles en béton coloré, le béton imprimé, le béton désactivé ou encore le bois massif ou le bois composite… Tout est possible !

Pour renforcer l’aspect naturel, il est conseillé d’opter, par exemple, pour de la pierre naturelle. Attention de faire le choix d’un type de pierre qui renvoie la lumière et qui, de ce fait, absorbe moins la chaleur. À éviter : les pierres blanches qui accentuent la réverbération du soleil.

Autre option, tout aussi naturelle, chaleureuse et facile à intégrer, le bois massif. On utilise le pin, le bois exotique ou encore les essences locales comme le châtaignier. Autres avantages, sa simplicité d’installation et sa grande liberté de création. Attention, il peut toutefois être glissant et certaines essences peuvent présenter des éclis.

Rien n’empêche de mélanger les genres en y associant des surfaces ou chaînettes de galets, un amalgame plutôt tendance.

Famille de végétaux et zones climatiques : faire les bons choix côté végétaux

Avant de se pencher sur les espèces utilisables, différentes suivants les zones climatiques, il faut d’abord définir la composition végétale et réfléchir aux effets recherchés.

Il convient d’apprécier les nuisances de la végétation sur la propreté et l’entretien du bassin. On évitera d’implanter des grands végétaux à feuillage caduc, des fruitiers, des résineux à aiguilles comme les pins, les épicés et les cèdres à proximité immédiate du plan d’eau.

Dans le cas de sujets existants, ou nécessaires à la composition, on tente de les maintenir à une distance du bassin au moins égale à leur hauteur, tout en étant attentif à la direction des vents dominants.

Quant à la composition, elle consiste à associer les trois éléments de base de la palette du paysagiste : l’arbre qui est l’élément vertical, le massif constitué par les arbustes, les arbrisseaux et les taillis, et enfin, le tapis caractérisé par les plantes basses ou rampantes et le gazon.

Pour être harmonieuse, elle doit rester simple et présenter un équilibre de ces trois éléments.

Pour les arbres et les gros arbustes, éléments majeurs, il est bon de ne pas dépasser une ou deux espèces. Attention aux plantes hydrophiles (saule, peuplier, aulne, taxodium, métaséquoia) dont les systèmes racinaires sont envahissants. Pour les fleurs, on choisit plutôt des espèces ou des variétés dont la floraison correspond aux époques d’utilisation de la piscine.

On adopte sans hésitation des feuillus persistants, dont l’éventail est large au sud de la Loire : des magnolias aux agrumes en passant par certains mimosas, sans oublier les ficus, les grands rhododendrons et même l’olivier. Pour les régions méridionales, on ajoutera la famille des monocotylédones comme les palmiers, les yuccas ou encore les dracaenas.

Image

Haro sur la sécurité !

La loi engage les propriétaires de piscines privées (enterrées ou semi-enterrées) à mettre en place certains dispositifs de sécurité autour de la piscine. Ces équipements permettent de prévenir et d’éviter la noyade des enfants et, en particulier, les enfants de moins de 5 ans.

Pour protéger sa piscine, plusieurs options sont possibles :

  • L’alarme de piscine, immergée ou périphérique. Cette dernière sonne si un enfant chute dans la piscine ou s’il s’en approche. Cette solution ne nuit pas à l’esthétisme, mais ce n’est pas la solution la plus efficace.
  • La couverture de sécurité. Elle se déroule sur l’eau de la piscine. Plusieurs types de volets ou de bâches de protection existent. Attention à choisir une bâche suffisamment solide pour retenir un enfant. Pratique à installer, c’est la solution idéale pour la rénovation. Quant au volet, il s’intègre en version immergée et offre un rendu esthétique. Placée en fond de bassin aucune trace de couverture n’apparaît autour de la piscine.
  • La barrière ou clôture de piscine permet de fermer totalement l’accès au bassin. Un soin particulier dans le choix du modèle et une intégration avec des végétaux permettent d’allier efficacité, esthétisme et sécurité.
  • L’abri de piscine rend également la piscine inaccessible. Elle devient une piscine entièrement, quasi comme une piscine d’intérieur. Il assure protection et confort.

Construire une piscine, c’est savoir l’intégrer dans son environnement, mais c’est aussi garantir une utilisation plaisante et une sécurité renforcée.